Le multilatéralisme à la croisée des chemins : L’ONU confrontée à des menaces sans précédent

Le multilatéralisme, et plus particulièrement le rôle des Nations unies, est menacé. La crise ne se limite pas aux dimensions sécuritaires et politiques. Bien au-delà de la paralysie du Conseil de sécurité, elle concerne également tous les autres domaines des valeurs, des règles, des objectifs et de la coopération internationale, de la santé aux droits de l’homme, du commerce à l’environnement, de la gouvernance de l’internet aux politiques sociales.

La diplomatie new-yorkaise est profondément affectée et fait très souvent la une des journaux, fortement focalisée sur la paralysie du Conseil de sécurité et les débats politiques à l’Assemblée générale. La “Genève internationale” est également touchée, mais elle est moins visible dans l’actualité, souvent oubliée ou sous-estimée. Inévitablement, un processus d’ajustement et d’adaptation du multilatéralisme aux nouvelles forces politiques, militaires, économiques, sociales et environnementales va s’enclencher – il s’enclenche déjà, dans la mesure où nous sommes déjà dans une sorte de nouvelle guerre froide. Le risque de recourir à des solutions improvisées, à des réactions fragmentées et à des décisions à courte vue est élevé : les futurs accords et nouveaux mécanismes devraient être fondés sur des analyses et des débats approfondis et ne peuvent ignorer le rôle de la société civile, qui est primordial pour la légitimité et la durabilité. 

L’écosystème de la Genève internationale : qu’est-ce que c’est et pourquoi c’est important ?

L’agenda des questions multilatérales abordées par la Genève internationale est très large, complexe et essentiel pour toute ” ONU 2.0 ” que l’humanité peut envisager si elle survit. Elle ne doit pas être considérée comme un élément “collatéral” de l’agenda politique, mais plutôt comme un élément central du système multilatéral.L’écosystème de la Genève internationale comprend 40 organisations internationales (dont cinq agences spécialisées des Nations unies et plusieurs entités des Nations unies), 180 missions permanentes et 400 ONG. Presque toutes les “menaces non militaires” et les “racines des crises multiformes actuelles” sont traitées à Genève. Cet écosystème est très “technique”, compliqué et diversifié, et couvre plus que les 17 objectifs du Millénaire pour le développement. Il est important, en particulier, en raison de trois caractéristiques principales : (i) son travail normatif et réglementaire dans de nombreux domaines économiques, sociaux, environnementaux et des droits de l’homme ; (ii) son impact au niveau national en transformant la recherche et les règles en une assistance technique concrète à l’échelle mondiale ; (iii) c’est un puzzle : c’est le principal carrefour multilatéral des questions intersectorielles et multidisciplinaires qui caractérisent la mondialisation et les crises de plus en plus complexes d’aujourd’hui. (Veuillez vous référer à la note de référence sur le rôle de la Genève internationale, qui présente le contexte de ce dialogue).

Principales caractéristiques de ce dialogue intergénérationnel :

L’objectif principal est de mettre en lumière les spécificités du travail multilatéral effectué par la Genève internationale dans le contexte des préparatifs du Sommet de l’avenir des Nations Unies et au-delà. Ce dialogue est véritablement intergénérationnel, impliquant des experts et des non-experts jeunes et moins jeunes dans les affaires multilatérales, et il offre une perspective de la société civile par le biais d’entités non gouvernementales basées à Genève, New York et dans d’autres capitales à travers le monde.

Les principaux publics cibles sont les diplomates, les décideurs, les universitaires, les journalistes, les étudiants, la société civile et le grand public, en particulier à New York et à Genève. Le dialogue n’est pas un exercice académique : il vise à compléter et non à concurrencer d’autres initiatives liées au sommet.

Le débat qui aura lieu lors du Dialogue sera inspiré par une enquête anonyme en ligne parmi les publics ciblés englobant les réseaux de tous les partenaires de Greycells. Cette enquête sera lancée au début du mois de février 2024.

Résultats attendus :

  • Le principal résultat devrait être un Communiqué résumant les questions discutées lors du Dialogue et les résultats de son enquête en ligne. Ce Communiqué vise à envoyer des propositions concrètes à la Conférence de la société civile de l’ONU de Nairobi qui se tiendra les 9 et 10 mai 2024, aux négociateurs de New York et à d’autres consultations mondiales ou régionales de la société civile sur le Sommet (comme le Pacte populaire pour l’avenir en cours de préparation par la Coalition pour l’ONU dont nous avons besoin, dont Greycells est membre).
  • Lancement d’un réseau mondial cohérent et connecté d’individus, d’écoles, d’universités, de communautés engagés en faveur du multilatéralisme et de la pratique du dialogue intergénérationnel comme moyen de résoudre les problèmes locaux et mondiaux.